TARA, VOYAGE AU CŒUR DE LA MACHINE CLIMATIQUE

La Fondation Tara, fondation française reconnue d’utilité publique, consacrée à l’océan développe une science de l’Océan ouverte, innovante et inédite devant permettre de prédire, d’anticiper et de mieux préparer l’avenir. Tara Expéditions utilise cette expertise scientifique de très haut niveau pour sensibiliser et éduquer les jeunes générations, mobiliser les décideurs politiques et permettre aux pays en développement d’accéder à ces nouvelles connaissances.

Laboratoire flottant, la goélette Tara a déjà parcouru depuis 2003 près de 400 000 kilomètres, faisant escale dans plus de 60 pays lors de 11 expéditions menées en collaboration avec des laboratoires et organismes internationaux d’excellence (CNRS, CEA, EMBL, PSL, MIT, NASA…).

En 2006, Tara a mené une mission de recherche unique et historique dans des conditions extrêmes. Base avancée du programme scienti que européen DAMOCLES pendant l’Année Polaire Internationale, Tara a réalisé une dérive arctique pendant 507 jours avec une dizaine d’hommes et de femmes à son bord.

Objectif principal : contribuer à l’étude des changements climatiques en Arctique, en étudiant quotidiennement l’air, l’atmosphère et la banquise. Un tiers des résultats du programme scientifique européen DAMOCLES sont directement issus de cette expédition, soit 21 publications scientifiques.

Le long-métrage documentaire réalisé durant cette expédition a pour objectif d’emmener les spectateurs dans une odyssée scientifique à la découverte de la machine climatique.

Tourné en haute définition, le lm est dirigé par le réalisateur Emmanuel Roblin. Spécialiste de grands films nature, il a choisi de montrer la science en marche, celle qui ne verse pas dans le « catastrophisme gratuit mais apporte une vision positive, documentée » arguant de ce que le public a le droit lui aussi de comprendre ce qui se passe en Arctique et plus largement en matière de climat sur la planète. Emmanuel Roblin ajoute toutefois que « les destins individuels et l’aventure humaine » n’en demeurent pas moins le coeur battant de ce lm destiné au grand public.

Les tournages ont commencé avant le départ de Lorient et se sont poursuivis en septembre 2006 avec le début de la dérive de Tara sous les caméras du chef opérateur Bruno Vienne. Embarqué pendant les 6 mois de la nuit polaire, il a dû composer avec le froid, la nuit et les hommes. «J’étais à la fois observateur et membre d’un équipage de l’extrême » rappelle Bruno Vienne qui reconnait avoir eu « à poser la caméra » pour donner du temps à la mission avant tout. Malgré cela, il ramène des images inédites comme lorsque la banquise se brise en éclats ou quand Tara subit les assauts des crêtes de compression. « L’Arctique nous a livré un incroyable spectacle que la nuit polaire rendait encore plus impressionnant » précise le caméraman.

Au-delà de la prouesse technique, faire des scientifiques des héros modernes sans dénaturer leur parole reste sans conteste le plus grand dé de ce voyage au coeur du climat.